En résumé
- Enfant rattaché (moins de 21 ans, ou moins de 25 ans s'il est étudiant) : un versement de 4 710 € sur son PER fait baisser l'impôt du foyer de 1 931 € si vous êtes dans la tranche à 41 %.
- Enfant indépendant : c'est lui qui déduit, à son taux. À 11 %, la même somme ne fait gagner que 518 €.
- Le plafond est celui de l'enfant, pas le vôtre : 10 % de ses revenus, avec un minimum de 4 710 € en 2026. Impossible d'y loger 20 000 € d'un coup sans plafonds reportables.
- L'argent lui appartient : c'est une donation, exonérée jusqu'à 100 000 € tous les 15 ans (plus 31 865 € en don familial de somme d'argent), et bloquée jusqu'à sa retraite sauf achat de sa résidence principale.
- À la sortie, les versements déduits sont imposés au barème de l'enfant : le gain réel vient de l'écart entre votre taux à l'entrée et le sien à la sortie.
Peut-on verser sur le PER de son enfant majeur et déduire les versements ?
Oui, mais la règle dépend d'une seule question : votre enfant fait-il partie de votre foyer fiscal ?
- Enfant rattaché : ses revenus et ses charges sont déclarés avec les vôtres. Les versements sur son PER sont déduits du revenu global du foyer, dans la limite de son plafond. L'économie d'impôt se fait donc à votre taux marginal.
- Enfant non rattaché : il déclare seul. C'est lui qui déduit les versements de ses propres revenus, à son propre taux marginal, souvent 0 % ou 11 % en début de carrière.
Service-public.gouv.fr rappelle les conditions du rattachement d'un enfant majeur pour les revenus 2025 : avoir moins de 21 ans au 1er janvier 2025, ou moins de 25 ans s'il poursuit des études. Le rattachement se décide d'un commun accord, et l'enfant n'a alors pas de déclaration personnelle à remplir.
Combien d'impôt économise-t-on ? Le calcul sur quatre profils
Hypothèse commune : un versement de 4 710 € en 2026, soit le plancher de déduction d'une personne sans revenus professionnels ou à faibles revenus. L'économie est calculée au taux marginal d'imposition (TMI), sans tenir compte des effets de seuil ou de décote.
| Situation | Qui déduit ? | Taux appliqué | Économie d'impôt sur 4 710 € |
|---|---|---|---|
| A. Étudiant de 22 ans rattaché, parents à 41 % | Les parents | 41 % | 1 931 € |
| B. Étudiant rattaché, parents à 30 % | Les parents | 30 % | 1 413 € |
| C. Jeune salarié de 27 ans indépendant, TMI 11 % | L'enfant | 11 % | 518 € |
| D. Jeune cadre indépendant, TMI 30 % | L'enfant | 30 % | 1 413 € |
| Référence : le parent verse 4 710 € sur son propre PER (TMI 41 %) | Le parent | 41 % | 1 931 € |
Ce tableau donne la lecture la plus importante de l'article : pour un enfant rattaché, l'économie est identique à celle d'un versement sur votre propre PER. Elle est donc intéressante surtout dans deux cas :
- vous avez déjà saturé votre propre plafond (et celui de votre conjoint), et le plafond de l'enfant devient une enveloppe déductible en plus ;
- vous voulez de toute façon transmettre à votre enfant : passer par son PER transforme une donation en charge déductible.
Pour un enfant indépendant à 11 %, le constat est inverse : 518 € d'économie contre 1 931 € si le même argent était versé sur votre PER. À moins d'avoir saturé votre plafond, mieux vaut verser pour vous-même, puis transmettre autrement. Pour revoir comment se calcule votre propre enveloppe, consultez notre guide du plafond PER déductible 2026.
Ouvrir un PER au nom de votre enfant ?
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Autant que vous le voulez, mais seule la part sous son plafond est déductible. Et ce plafond est faible pour un jeune :
- Étudiant sans revenus d'activité : 4 710 € en 2026 (10 % du plafond annuel de la Sécurité sociale 2025).
- Jeune salarié : 10 % de ses revenus d'activité nets de frais professionnels, avec le même minimum de 4 710 €. Avec 30 000 € de salaire net imposable, son plafond est de 4 710 €, car 10 % ne donnent que 3 000 €.
- Plafonds non utilisés : ils s'ajoutent, mais les règles ont changé. Selon service-public.gouv.fr, la part non utilisée des plafonds 2024 et 2025 reste reportable 3 ans (jusqu'en 2027 et 2028), celle constatée à partir de 2026 l'est pendant 5 ans. Le montant exact figure sur l'avis d'impôt du foyer, ligne par ligne pour chaque membre.
Verser sur le PER de son enfant, est-ce une donation ?
Oui. L'argent placé sur le PER appartient à son titulaire : vous ne pourrez plus le récupérer. Fiscalement, c'est un don manuel. Il échappe en pratique aux droits grâce à deux abattements cumulables, selon service-public.gouv.fr :
| Dispositif | Montant exonéré | Conditions |
|---|---|---|
| Abattement parent vers enfant | 100 000 € par parent et par enfant | Renouvelable tous les 15 ans |
| Abattement grand-parent vers petit-enfant | 31 865 € | Renouvelable tous les 15 ans |
| Don familial de somme d'argent | 31 865 € en plus | Donateur de moins de 80 ans, bénéficiaire majeur |
Les montants versés chaque année sur le PER d'un enfant (4 710 € par exemple) restent très loin de ces seuils. Le don doit tout de même être déclaré par le bénéficiaire, en ligne sur impots.gouv.fr, pour faire courir le délai de 15 ans et bénéficier de l'exonération. Conservez la trace des virements : c'est ce qui prouvera qu'il s'agit d'un don et non d'un revenu.
Un PER se transmet mal de son vivant : une fois l'argent versé, il est bloqué sur la tête de l'enfant. Le choix de l'enveloppe doit précéder le choix du produit.
Une variante est parfois proposée quand l'enfant n'est plus rattaché : lui verser une pension alimentaire, déductible chez les parents dans la limite de 6 855 € pour les revenus 2025, qu'il placerait ensuite sur son PER. Cette double déduction suppose que l'enfant soit réellement dans le besoin au sens fiscal, et elle est imposable chez lui. Elle mérite un avis professionnel avant d'être mise en place.
Que se passe-t-il à la sortie du PER de l'enfant ?
C'est l'angle que la plupart des guides oublient. À la sortie en capital, les versements déduits sont imposés au barème de l'impôt sur le revenu du titulaire, sans abattement. Les gains sont soumis au prélèvement forfaitaire unique, prélèvements sociaux compris. Le détail figure dans notre article sur la fiscalité de la sortie du PER en capital.
L'argent est bloqué jusqu'à la retraite de l'enfant, soit plus de 40 ans pour un étudiant. Une exception change tout pour un jeune : l'achat de sa résidence principale, qui permet de débloquer les versements volontaires.
Cas chiffré : trois ans de versements, puis achat à 30 ans
Hypothèses (illustratives) : des parents à 41 % versent 4 710 € par an pendant trois ans sur le PER de leur fille étudiante rattachée, de 22 à 24 ans. À 30 ans, salariée dans la tranche à 11 %, elle débloque son PER pour acheter son premier appartement. On suppose le plafond constant et on ne compte pas les gains.
| Étape | Montant |
|---|---|
| Versements totaux | 14 130 € |
| Impôt économisé par les parents (41 %) | + 5 793 € |
| Impôt payé par la fille au déblocage (11 % sur 14 130 €) | - 1 554 € |
| Gain fiscal net pour la famille | + 4 239 € |
Le gain vient de l'arbitrage de taux : on déduit à 41 % et on paie à 11 %. Attention, le capital débloqué s'ajoute aux revenus de l'année : si la fille gagne déjà bien sa vie, une partie peut basculer dans la tranche à 30 %. Débloquer en début d'année de faibles revenus (fin d'études, année de césure) limite ce risque. Nous détaillons la rentabilité de ce déblocage dans notre guide débloquer son PER pour la résidence principale.
PER de l'enfant, assurance vie ou PER des parents : que choisir ?
| Objectif des parents | Solution la plus adaptée | Pourquoi |
|---|---|---|
| Réduire l'impôt du foyer, plafond personnel déjà saturé | PER de l'enfant rattaché | Plafond de 4 710 € en plus, déduit à votre TMI |
| Réduire l'impôt, plafond personnel disponible | Votre propre PER | Même économie, et vous gardez l'argent |
| Aider l'enfant à acheter dans 5 à 10 ans | PER de l'enfant ou assurance vie | PER si rattaché (déduction à votre TMI), sinon assurance vie, disponible à tout moment |
| Transmettre sans bloquer l'argent | Assurance vie au nom de l'enfant | Rachats libres, fiscalité allégée après 8 ans |
| Enfant indépendant à 0 % ou 11 % | Assurance vie, ou PER des parents | Déduction trop faible chez l'enfant pour justifier un blocage de 40 ans |
Pour comparer en détail les deux enveloppes et la question de l'âge, InfoPER propose un dossier sur les alternatives au PER pour les enfants, et un autre sur la mutualisation des plafonds en couple, à utiliser avant d'aller chercher le plafond des enfants.
Comment ouvrir et alimenter le PER de son enfant majeur ?
- Vérifier le rattachement : moins de 21 ans au 1er janvier, ou moins de 25 ans s'il est étudiant. Sinon, refaire le calcul à son propre taux.
- Lire le plafond de l'enfant sur l'avis d'impôt 2026 du foyer (rubrique « plafond épargne retraite », une colonne par membre).
- Ouvrir le PER au nom de l'enfant : c'est lui qui signe. Privilégiez un contrat sans frais sur versement et une gestion pilotée à horizon long, puisque l'échéance est lointaine.
- Verser avant le 31 décembre par virement depuis votre compte, en gardant la trace du don, dans la limite de son plafond.
- Déclarer : le versement en case 6NU de la déclaration 2042 (personne à charge), d'après l'imprimé fiscal unique envoyé par l'assureur, et le don manuel sur impots.gouv.fr côté enfant.
Dernier réflexe : refaire le calcul chaque année. Le jour où votre enfant n'est plus rattaché, c'est son taux à lui qui compte, et le PER peut cesser d'être la meilleure enveloppe.