Épargne retraite27 juillet 2026 · 9 min de lecture

Transférer son assurance-vie vers un PER en 2026 : est-ce encore possible et faut-il le faire ?

Épargnant comparant son assurance-vie et son PER en 2026
Réponse rapide

Non, on ne peut plus vraiment « transférer » son assurance-vie vers un PER en 2026 : le dispositif incitatif de la loi Pacte (article 20), qui doublait l'abattement à 9 200 € pour une personne seule et 18 400 € pour un couple, a expiré le 31 décembre 2022. Depuis, la seule voie possible est un rachat de l'assurance-vie suivi d'un versement volontaire sur un PER — deux opérations distinctes, sans pont fiscal. L'intérêt n'est réel que si vous cherchez à déduire ces versements de votre revenu imposable (jusqu'à 37 680 € pour un salarié, 88 911 € pour un indépendant en 2026) et que vous acceptez de bloquer l'épargne jusqu'à la retraite. En 2025, le fonds euros n'a rapporté que 2,6 % en moyenne (France Assureurs), ce qui relativise l'urgence de bouger un contrat performant.

L'essentiel en 5 points

Vous avez une assurance-vie de plusieurs années et vous entendez parler du Plan d'Épargne Retraite (PER) et de son avantage fiscal ? L'idée de « transférer » votre contrat pour profiter de la déduction d'impôt est séduisante. Mauvaise nouvelle : ce transfert direct n'existe plus. Bonne nouvelle : une bascule bien pilotée peut rester intéressante dans des cas précis. Voici, chiffres 2026 à l'appui, ce qu'il est vraiment possible de faire et les pièges qui coûtent cher.

Selon France Assureurs, le fonds euros de l'assurance-vie a servi un rendement moyen de 2,6 % en 2025 — troisième année consécutive à ce niveau — tandis que la collecte nette atteignait 50,6 milliards d'euros. Avant de déplacer un centime, il faut comprendre que l'assurance-vie et le PER répondent à deux logiques opposées : disponibilité contre déduction fiscale.

Peut-on vraiment transférer son assurance-vie vers un PER en 2026 ?

Non, pas au sens strict. Un « transfert » suppose de déplacer l'épargne sans la racheter, en conservant l'antériorité fiscale. Or ce mécanisme n'a jamais existé de façon permanente entre assurance-vie et PER. Il a seulement existé temporairement, via l'article 20 de la loi Pacte, entre 2019 et le 31 décembre 2022.

Attention à ne pas confondre deux opérations que le web mélange souvent :

À retenir : en 2026, faire passer de l'argent de votre assurance-vie vers un PER = un rachat suivi d'un versement volontaire. Ce sont deux décisions fiscales séparées, avec chacune ses conséquences.

Pourquoi le « transfert » AV → PER n'existe plus depuis 2023 ?

Pour lancer le PER en 2019, le législateur avait créé une incitation à durée limitée. Un épargnant qui rachetait une assurance-vie de plus de 8 ans et réinvestissait la totalité sur un PER avant le 31 décembre de l'année bénéficiait d'un abattement doublé sur les plus-values : 9 200 € pour une personne seule et 18 400 € pour un couple, au lieu des 4 600 € / 9 200 € habituels. Condition supplémentaire : être à plus de 5 ans de l'âge légal de départ (donc avoir moins de 57 ans).

Ce coup de pouce a expiré le 31 décembre 2022. Depuis le 1ᵉʳ janvier 2023, plus aucun régime de faveur ne relie l'assurance-vie au PER. Racheter aujourd'hui pour réinvestir n'ouvre donc aucun bonus fiscal spécifique : vous récupérez seulement l'abattement classique de l'assurance-vie après 8 ans.

Le « transfert » assurance-vie vers PER est aujourd'hui un mythe entretenu par des articles non mis à jour : depuis 2023, il ne reste qu'un rachat classique suivi d'un versement volontaire, sans passerelle fiscale.

Rachat puis versement sur PER : comment ça marche concrètement ?

La bascule se fait en deux temps, et chaque étape a sa fiscalité propre.

Étape 1 — Le rachat de l'assurance-vie

Vous demandez un rachat partiel ou total. Seule la part de plus-values comprise dans le rachat est taxée (le capital versé, lui, n'est jamais imposé). Après 8 ans de détention, vous profitez de l'abattement annuel de 4 600 € (célibataire) ou 9 200 € (couple) sur ces gains, puis d'un prélèvement réduit. S'ajoutent les prélèvements sociaux de 17,2 % : contrairement aux autres revenus du capital, l'assurance-vie n'est pas concernée par la hausse de CSG entrée en vigueur au 1ᵉʳ janvier 2026.

Étape 2 — Le versement volontaire sur le PER

Vous versez la somme récupérée sur un PER. Si vous optez pour la déductibilité, ce versement se déduit de votre revenu imposable dans la limite de votre plafond annuel. Pour 2026, ce plafond va jusqu'à 37 680 € pour un salarié (10 % des revenus 2025, plafonnés à 8 fois le PASS) et jusqu'à 88 911 € pour un travailleur non salarié. Nouveauté utile : le report des plafonds non utilisés passe de 3 à 5 ans. Pour approfondir le mécanisme, consultez notre guide des plafonds de déduction 2026.

Vigilance 2026 : depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, les versements volontaires effectués sur un PER après 70 ans ne sont plus déductibles du revenu imposable. Basculer une assurance-vie vers un PER passé cet âge perd donc l'essentiel de son intérêt.

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Quels sont les avantages fiscaux d'un PER par rapport à l'assurance-vie ?

Le PER n'est pas « mieux » que l'assurance-vie : il est différent. Son intérêt se joue presque entièrement sur la déduction à l'entrée, d'autant plus forte que votre tranche marginale d'imposition (TMI) est élevée.

CritèreAssurance-viePER individuel
Déduction des versementsNonOui (jusqu'à 37 680 € / 88 911 € en 2026)
Disponibilité de l'épargneÀ tout momentBloquée jusqu'à la retraite (sauf 6 cas)
Abattement sur les gains4 600 € / 9 200 € après 8 ansAucun abattement de ce type
Prélèvements sociaux17,2 %17,2 % sur les gains à la sortie
Fiscalité à la sortieFaible après 8 ansVersements déduits réintégrés au revenu + PFU sur les gains
Transmission avant 70 ans152 500 € exonérés / bénéficiaire152 500 € (si décès avant 70 ans)

En clair : un contribuable dans une TMI à 30 % ou 41 % transforme sa déduction en économie d'impôt immédiate, ce qui n'a pas d'équivalent en assurance-vie. À l'inverse, un épargnant faiblement imposé (TMI 0 ou 11 %) n'a presque rien à gagner à bloquer son épargne — il paiera l'impôt à la sortie sans avoir profité de la déduction à l'entrée. Notre comparatif détaillé PER ou assurance-vie pour la retraite chiffre ces cas de figure.

Quels sont les pièges à éviter avant de basculer son AV vers un PER ?

La bascule mal préparée détruit de la valeur. Voici les erreurs les plus fréquentes.

PiègeConséquenceParade
Croire à un « transfert » sans rachatCristallisation d'impôt inattendueRacheter en pilotant l'abattement 8 ans
Racheter en une seule foisPlus-value au-delà de l'abattement annuelÉtaler les rachats sur 2-3 ans civils
Bloquer une épargne dont on a besoinArgent indisponible avant la retraiteNe basculer que l'excédent de long terme
Perdre l'antériorité fiscale de l'AVRedémarrer le compteur des 8 ansConserver un socle sur le contrat d'origine
Verser après 70 ansPlus de déduction depuis 2026Arbitrer avant l'anniversaire des 70 ans

Le piège le plus coûteux reste le rachat total en une année : au-delà de l'abattement de 4 600 €, chaque euro de plus-value redevient imposable. En fractionnant les rachats sur deux ou trois années civiles, on multiplie d'autant l'abattement utilisable. Les indépendants et dirigeants ont souvent intérêt à faire valider l'arbitrage par un conseil, comme le rappellent les analyses d'iaCGP sur l'optimisation patrimoniale.

Assurance-vie ou PER : dans quels cas garder son contrat ?

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À l'inverse, la bascule d'une partie de l'épargne vers un PER a du sens pour un actif fortement imposé, à horizon retraite lointain, qui cherche à réduire son impôt sur le revenu tout en conservant un matelas disponible en assurance-vie. Les deux enveloppes sont complémentaires, pas rivales. Pour un panorama complet du fonctionnement du PER, la ressource de référence reste infoper.fr.

Avant toute décision, faites tourner les chiffres : montant à basculer, TMI, année de rachat, plafond de déduction disponible. C'est ce calcul, et non l'attrait d'un pseudo-transfert, qui doit guider l'arbitrage.

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Équipe MeilleurPER
Rédigé par l'équipe éditoriale de MeilleurPER, spécialiste indépendant du Plan d'Épargne Retraite. Nos contenus s'appuient sur les sources officielles (impots.gouv.fr, service-public.fr, France Assureurs).

Questions frequentes

Peut-on transférer une assurance-vie vers un PER sans payer d'impôt en 2026 ?

Non. Le dispositif à abattement doublé de la loi Pacte a expiré le 31 décembre 2022. Depuis 2023, il faut racheter l'assurance-vie — ce qui peut générer un impôt sur les plus-values au-delà de l'abattement de 4 600 € (ou 9 200 € pour un couple) après 8 ans — puis verser librement la somme sur un PER. Aucun transfert direct exonéré n'existe plus.

Quel est l'avantage fiscal principal du PER par rapport à l'assurance-vie ?

La déduction des versements du revenu imposable. En 2026, un salarié peut déduire jusqu'à 37 680 € et un indépendant jusqu'à 88 911 €. Plus votre tranche marginale d'imposition est élevée (30 %, 41 %), plus l'économie d'impôt est forte. L'assurance-vie, elle, n'offre aucune déduction à l'entrée mais reste plus souple à la sortie.

Faut-il racheter toute son assurance-vie d'un coup pour la basculer sur un PER ?

Non, c'est même déconseillé. Un rachat total sur une seule année fait souvent dépasser l'abattement annuel de 4 600 €, rendant les plus-values imposables. Mieux vaut étaler les rachats sur deux ou trois années civiles pour multiplier l'abattement, et conserver un socle sur le contrat d'origine afin de garder son antériorité fiscale de plus de 8 ans.

L'assurance-vie subit-elle la hausse des prélèvements sociaux de 2026 ?

Non. Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, la CSG sur les revenus du capital a augmenté, mais l'assurance-vie conserve son taux de prélèvements sociaux de 17,2 %. C'est un argument en faveur du maintien d'un bon contrat d'assurance-vie plutôt que d'un basculement systématique vers le PER, dont les gains sont aussi soumis à 17,2 % à la sortie.

À partir de quel âge n'est-il plus intéressant de basculer son AV vers un PER ?

Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, les versements volontaires effectués sur un PER après 70 ans ne sont plus déductibles du revenu imposable. Au-delà de cet âge, la bascule perd son principal intérêt fiscal. Il est donc préférable d'arbitrer avant l'anniversaire des 70 ans, ou de privilégier l'assurance-vie qui conserve un cadre de transmission avantageux.

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Sources : LégiFiscal — transfert AV vers PER, impots.gouv.fr — plafonds PER, France Assureurs — rendement fonds euros 2025, service-public.fr — PER - Mis a jour le 27 juillet 2026

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