- Aucun âge limite pour ouvrir un PER ; seule la déduction disparaît pour les versements effectués après 70 ans, depuis le 1er janvier 2026.
- Aucune durée minimale de détention : l'épargne est disponible dès la liquidation de la pension ou l'âge légal (art. L. 224-1 du code monétaire et financier).
- Le gain réel se résume à une formule : versements × (tranche à l'entrée − tranche à la sortie) − 31,4 % des gains − frais.
- Sortir tout d'un coup fait remonter la tranche à 30 % : dans notre cas, le gain net tombe de 7 200 € à 752 €.
- Un PER court n'a de sens qu'avec 0 % de frais sur versement : 3 % de frais d'entrée coûteraient 720 €, soit tout le gain d'une sortie en une fois.
Peut-on ouvrir un PER à 60 ans ou plus ?
Oui. La loi ne fixe aucun âge maximum de souscription. Ce qui a changé au 1er janvier 2026, c'est la déduction : selon service-public.fr, les versements effectués après vos 70 ans « sont toujours possibles, mais ne sont plus déductibles ». Entre 60 et 70 ans, rien ne change : chaque versement volontaire se déduit du revenu imposable de l'année, dans la limite de votre plafond.
Ce plafond, pour un salarié, vaut en 2026 10 % des revenus d'activité 2025 nets de frais professionnels, avec un maximum de 37 680 € et un minimum de 4 710 €. Les plafonds non utilisés des trois années précédentes s'y ajoutent, et un couple marié ou pacsé peut mutualiser les siens (voir notre guide de la mutualisation). Le montant exact figure sur votre dernier avis d'imposition.
Surtout, il n'existe aucune durée minimale de détention. L'article L. 224-1 du code monétaire et financier prévoit que l'épargne est délivrée « au plus tôt » à la date de liquidation de la pension dans un régime obligatoire, ou à l'âge légal de départ. Un PER ouvert en 2026 par quelqu'un qui part en retraite fin 2027 est donc disponible dès 2028.
Le mouvement est massif : selon France Assureurs, les PER assurantiels comptaient fin 2025 7,9 millions d'assurés (+1 million en un an) pour 111,9 milliards d'euros d'encours, avec 20,2 milliards d'euros versés sur l'année (+16 %). Une partie de ces ouvertures concerne des épargnants proches de la retraite, attirés par la déduction.
Comment fonctionne l'aller-retour fiscal d'un PER court ?
Un PER ouvert à deux ans de la retraite n'est pas un placement de long terme : c'est un déplacement de revenu imposable dans le temps. Vous retirez de l'argent de vos revenus pendant vos dernières années d'activité, quand votre tranche est haute, et vous le réintégrez pendant la retraite, quand elle est plus basse.
À la sortie en capital, la fiscalité 2026 est la suivante (service-public.fr) :
| Part du capital | Imposition à la sortie en 2026 |
|---|---|
| Versements volontaires déduits | Barème progressif de l'impôt sur le revenu, sans abattement de 10 %, sans prélèvements sociaux |
| Gains (intérêts, plus-values) | Prélèvement forfaitaire de 31,4 % : 12,8 % d'impôt + 18,6 % de prélèvements sociaux |
Tout se joue donc sur l'écart entre deux taux marginaux. Le gain fiscal brut se résume à : montant versé × (tranche à l'entrée − tranche à la sortie). Si vous déduisez à 30 % et réintégrez à 11 %, chaque tranche de 1 000 € rapporte 190 €. Si vous déduisez à 30 % et réintégrez à 30 %, elle ne rapporte rien, et les frais comme la taxation des gains rendent l'opération perdante.
La vraie question n'est pas « combien vais-je déduire ? » mais « à quelle tranche vais-je réintégrer ce que j'ai déduit ? ».
Combien rapporte vraiment un PER ouvert deux ans avant la retraite ?
Voici notre simulation, calculée avec le barème officiel appliqué aux revenus 2025 (service-public.fr : 0 % jusqu'à 11 600 €, 11 % jusqu'à 29 579 €, 30 % jusqu'à 84 577 €, par part). Toutes les hypothèses sont explicites pour que vous puissiez refaire le calcul.
Les hypothèses
- Couple marié, 61 ans, sans enfant à charge : 2 parts.
- Revenu net imposable du foyer en activité : 100 000 € en 2026 et en 2027 (tranche marginale de 30 %).
- Versement de 12 000 € par an sur un PER en 2026 et 2027, soit 24 000 €, avec un plafond disponible suffisant (plafond de l'année + reliquats, à lire sur l'avis d'imposition).
- Départ en retraite fin 2027. Pensions nettes imposables du foyer à partir de 2028 : 54 000 € (tranche marginale de 11 %).
- Rendement net de frais de gestion : 2 % par an, sans frais sur versement. Barème supposé constant après 2026.
L'économie d'impôt à l'entrée
Sans versement, le foyer paie 16 208 € d'impôt. Avec 12 000 € déduits, il en paie 12 608 € : 3 600 € économisés par an, soit 7 200 € sur deux ans. Le revenu reste entièrement dans la tranche à 30 % après déduction (44 000 € par part), l'économie vaut donc exactement 30 % des versements.
Au 1er janvier 2028, le PER vaut 24 724,80 € : 24 000 € de versements et 724,80 € de gains.
Le résultat selon la façon de sortir
| Scénario de sortie | Impôt économisé | Impôt payé à la sortie | 31,4 % sur les gains | Gain net |
|---|---|---|---|---|
| A. Tout le capital en 2028, pension à 54 000 € | 7 200 € | 6 220 € | 228 € | 752 € |
| B. Sortie étalée sur 3 ans (2028-2030) | 7 200 € | 4 260 € | 384 € | 2 556 € |
| C. Sortie étalée sur 5 ans (2028-2032) | 7 200 € | 2 640 € | 544 € | 4 016 € |
| D. Pension à 70 000 € (tranche 30 %), sortie sur 5 ans | 7 200 € | 7 200 € | 544 € | −544 € |
Méthode : l'impôt de sortie est la différence entre l'impôt calculé avec et sans la part de versements réintégrée chaque année ; chaque retrait contient versements et gains au prorata de la valeur du contrat, le solde continuant à rapporter 2 %. Les gains sont taxés au prélèvement forfaitaire de 31,4 %. Le gain net ne tient pas compte des intérêts que la même somme aurait produits ailleurs, qui sont du même ordre.
Le chiffre qui compte : à versements, rendement et retraite identiques, la seule façon de sortir fait varier le gain net de 752 € à 4 016 €, soit un rapport de 1 à 5.
Sur un PER court, chaque point de frais pèse double
0 % de frais sur versement, fonds euros compétitif, sortie fractionnée gratuite : comparez les contrats avant d'ouvrir.
Comparer les meilleurs PER 2026Pourquoi sortir en une fois détruit presque tout le gain ?
Parce que la tranche à 11 % n'a qu'une capacité limitée. Avec 54 000 € de pensions, le couple dispose de 27 000 € par part : il ne lui reste que 2 579 € par part, soit 5 158 € pour le foyer, avant de basculer dans la tranche à 30 %.
En réintégrant 24 000 € d'un coup, il remplit ces 5 158 € à 11 % (567 €), puis les 18 842 € restants passent à 30 % (5 653 €). Résultat : 6 220 € d'impôt, pour une économie initiale de 7 200 €. Autrement dit, il a déduit à 30 % et réintégré presque tout à 30 %.
En étalant sur cinq ans, chaque retrait réintègre environ 4 800 € de versements par an, qui tiennent entièrement sous le plafond de 5 158 € : tout est taxé à 11 %, soit 2 640 € au total. Service-public.fr confirme que le capital « peut être versé en une ou plusieurs fois », sauf si vous avez opté de façon irrévocable pour la rente. Le détail des règles de fractionnement et du système du quotient est traité par nos confrères d'infoper.fr.
Le piège de l'année du départ. L'année où vous partez à la retraite cumule souvent des mois de salaire, l'indemnité de départ et les premières pensions. Votre tranche peut rester à 30 %. Débloquer ce même année reproduit le scénario A. Commencez les retraits à partir de la première année civile complète de retraite.
Le cas des petites pensions : la décote
Pour les foyers dont l'impôt est très faible, la décote (BOFiP, BOI-IR-LIQ-20-20-30) diminue à mesure que l'impôt brut augmente, de 45,25 % de l'impôt brut. Dans cette zone, chaque euro réintégré à 11 % coûte en réalité environ 16 % (11 % × 1,4525). L'écart avec une entrée à 30 % reste favorable, mais il est plus étroit que ne le laisse croire la seule lecture du barème.
Qui ne devrait pas ouvrir un PER juste avant la retraite ?
| Profil | Tranche en activité | Tranche à la retraite | Verdict |
|---|---|---|---|
| Cadre dont la pension chute nettement | 30 % ou 41 % | 11 % | Intéressant, avec sortie étalée |
| Revenus élevés et pension élevée | 30 % | 30 % | Perdant (scénario D) |
| Contribuable déjà à 11 % en activité | 11 % | 11 % ou 0 % | Gain faible, souvent absorbé par les frais |
| Personne non imposable | 0 % | 0 % | Aucun intérêt fiscal à déduire |
| Épargnant de plus de 70 ans | — | — | Plus de déduction depuis 2026 |
Le scénario D mérite qu'on s'y arrête : c'est le cas de nombreux cadres supérieurs dont la pension reste élevée. Sans baisse de tranche, la déduction n'est qu'un prêt à taux zéro de l'État, remboursé à la sortie, et les 31,4 % prélevés sur les gains rendent le bilan négatif. Pour eux, l'assurance vie reste souvent plus adaptée (voir l'arbitrage PER ou assurance vie après 50 ans).
Autre alternative à comparer avant d'ouvrir : le rachat de trimestres, qui est lui aussi déductible. Argent.info a calculé le point mort entre les deux.
Quelles erreurs éviter sur un PER de courte durée ?
- Payer des frais sur versement. Sur 24 000 €, 3 % de frais d'entrée coûtent 720 € : l'équivalent de tout le gain du scénario A. Sur un horizon de deux ans, seul un contrat à 0 % de frais sur versement se justifie (voir le comparatif des frais cachés).
- Investir en actions à deux ans de la sortie. Une baisse de 10 % des marchés l'année du départ efface bien plus que l'économie d'impôt. Pour un horizon aussi court, le fonds en euros ou une gestion pilotée très prudente est de mise.
- Dépasser son plafond. La part versée au-delà du plafond disponible n'est pas déduite, mais elle reste bloquée jusqu'à la retraite. Vérifiez le montant exact sur votre avis d'imposition avant de verser.
- Verser en décembre de la dernière année d'activité sans avoir anticipé la sortie. La déduction est acquise, mais tout se joue à la sortie : planifiez le calendrier des retraits avant le premier versement.
- Oublier la rente. Si vous optez pour une rente viagère, elle sera imposée chaque année comme une pension ; c'est une autre logique, détaillée dans notre guide fiscalité de la sortie PER.
Comment calculer votre propre aller-retour ?
Quatre données suffisent, toutes disponibles sur vos documents :
- Votre tranche marginale actuelle : elle figure sur votre avis d'imposition ou se déduit du revenu imposable par part.
- Votre plafond PER disponible : même avis, rubrique « plafond épargne retraite ».
- Votre pension estimée : relevé de carrière et estimation indicative globale sur info-retraite.fr. Divisez le revenu imposable estimé par votre nombre de parts.
- La marge dans votre tranche de sortie : 29 579 € moins votre revenu imposable par part, multiplié par le nombre de parts. C'est le montant de versements que vous pourrez réintégrer chaque année à 11 %.
Divisez ensuite le total que vous comptez verser par cette marge annuelle : vous obtenez le nombre minimal d'années de sortie pour rester à 11 %. Dans notre exemple, 24 000 € ÷ 5 158 € ≈ 4,7, d'où une sortie sur cinq ans. Si le résultat dépasse sept ou huit ans, réduisez les versements : vous risquez de devoir réintégrer une partie à 30 %.
Pour la stratégie d'ensemble selon l'âge, consultez quel PER choisir selon son âge, et, si vous approchez de 70 ans, les nouvelles règles après 70 ans.