En résumé
- Cas légal : l'expiration des droits à l'assurance chômage permet de débloquer le PER, en un versement unique, sans contrat de travail en cours ni pension liquidée.
- Pas avant la fin des droits : être licencié ou inscrit à France Travail ne suffit pas. Pour une fin de contrat depuis le 1er avril 2025, l'indemnisation dure jusqu'à 548 jours avant 55 ans.
- Fiscalité 2026 : versements exonérés d'impôt et de prélèvements sociaux, gains taxés à 18,6 % de prélèvements sociaux seulement, que les versements aient été déduits ou non.
- Pendant le chômage : la déduction vaut votre taux marginal d'imposition, souvent plus bas qu'en activité. À 0 % ou 11 %, un versement non déduit peut être plus judicieux.
- Plafond : celui de 2026 repose sur vos revenus d'activité de 2025 (minimum 4 710 €), et les plafonds non utilisés des 5 années précédentes restent mobilisables.
Quelles sont les conditions exactes pour débloquer son PER au chômage ?
Le PER est bloqué jusqu'à la retraite, sauf dans une liste fermée de situations dites « accidents de la vie ». L'une d'elles vise directement la perte d'emploi. Selon la fiche officielle du PER sur service-public.gouv.fr, le déblocage anticipé est possible en cas d'expiration des droits à l'assurance chômage du titulaire, ou s'il a cessé d'être mandataire social depuis au moins 2 ans. Dans les deux hypothèses, deux conditions supplémentaires s'appliquent :
- ne pas être titulaire d'un contrat de travail au moment de la demande ;
- ne pas avoir liquidé de pension dans un régime obligatoire d'assurance vieillesse.
Trois conséquences pratiques souvent mal comprises :
- Il faut avoir eu des droits. Le texte parle d'expiration de droits à l'assurance chômage. Une personne qui n'a jamais été indemnisée, par exemple après une démission qui n'ouvre pas de droits, n'entre pas dans ce cas.
- La reprise d'un emploi salarié bloque la demande. Si vous avez signé un CDD ou un CDI au moment où vos droits expirent, la condition « pas de contrat de travail » n'est plus remplie.
- Le dirigeant révoqué a son propre cas. Un gérant ou président sans contrat de travail, qui ne cotise pas à l'assurance chômage, peut débloquer son PER deux ans après la fin de son mandat, sans attendre une quelconque fin de droits.
Le déblocage pour accident de la vie se fait en versement unique : un même événement ne permet pas de retirer l'épargne en plusieurs fois.
Vous pouvez en revanche ne débloquer qu'une partie du plan et laisser le reste investi jusqu'à la retraite. Les autres motifs (invalidité, décès du conjoint, surendettement, liquidation judiciaire, résidence principale) sont présentés dans notre guide des 6 cas de déblocage anticipé du PER.
Quand le déblocage devient-il possible, concrètement ?
C'est le point le plus contre-intuitif : le PER ne se débloque pas au moment du licenciement, mais à la fin de l'indemnisation. La durée maximale d'indemnisation par l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE) dépend de votre âge à la fin du contrat. Pour une fin de contrat survenue depuis le 1er avril 2025, service-public.gouv.fr (page vérifiée le 23 juillet 2026) indique :
| Âge à la fin du contrat | Durée maximale d'indemnisation | Déblocage du PER possible au plus tôt |
|---|---|---|
| Moins de 55 ans | 548 jours | Environ 18 mois après l'ouverture des droits |
| 55 ou 56 ans | 685 jours | Environ 22,5 mois après |
| 57 ans ou plus | 822 jours | Environ 27 mois après |
Ces durées intègrent la réduction de 25 % appliquée tant que le taux de chômage reste sous 9 % et n'augmente pas de 0,8 point sur un trimestre. Si la conjoncture se dégrade, elles remontent à 730, 913 ou 1 095 jours, ce qui repousse d'autant la date de déblocage. La durée réelle dépend aussi de votre durée d'affiliation : une personne qui a peu travaillé avant la perte d'emploi épuise ses droits plus vite, et peut donc débloquer plus tôt.
Si vous reprenez une activité réduite, créez une entreprise ou optez pour un versement en capital de vos droits, la date d'expiration peut se décaler. Le seul document qui fait foi est l'attestation de fin de droits délivrée par France Travail.
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Les accidents de la vie bénéficient du régime le plus favorable du PER. Service-public.gouv.fr le résume ainsi : la part du capital correspondant aux versements est exonérée d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, la part correspondant aux gains est soumise aux prélèvements sociaux applicables aux produits de placement, soit 18,6 % pour les gains perçus depuis le 1er janvier 2026. Aucune réintégration au barème, même pour les versements que vous avez déduits.
Pour mesurer l'écart, prenons un exemple chiffré. Un salarié imposé dans la tranche à 30 % a versé 6 000 € par an pendant deux ans, entièrement déduits. Son économie d'impôt a été de 1 800 € par an, soit 3 600 €. Son PER vaut aujourd'hui 12 600 €, dont 12 000 € de versements et 600 € de gains.
| Motif de sortie | Impôt sur les 12 000 € versés | Prélèvements sur les 600 € de gains | Coût total de la sortie |
|---|---|---|---|
| Fin de droits au chômage | 0 € | 111,60 € (18,6 %) | 111,60 € |
| Achat de la résidence principale, TMI 30 % | 3 600 € (réintégration au barème) | 188,40 € (PFU 31,4 %) | 3 788,40 € |
| Retraite en capital, TMI 11 % | 1 320 € (réintégration au barème) | 188,40 € (PFU 31,4 %) | 1 508,40 € |
Dans le cas du chômage, l'épargnant récupère 12 488,40 € et conserve les 3 600 € d'impôt économisés à l'entrée. C'est la seule configuration, avec les autres accidents de la vie, où la déduction du PER devient un gain fiscal définitif et non un simple report d'imposition. Ce calcul suppose que l'épargnant ne retient pas l'option pour le barème sur les gains, et que les frais de sortie du contrat sont nuls, ce qui est le cas de la plupart des PER récents mais doit être vérifié dans vos conditions générales. Les règles de la sortie à la retraite sont détaillées dans notre article sur la fiscalité de la sortie en capital.
Faut-il continuer à verser sur son PER pendant le chômage ?
Les allocations chômage sont imposables à l'impôt sur le revenu, comme des salaires. Une année de chômage n'efface donc pas forcément l'intérêt de la déduction, mais elle en réduit la valeur, parce que votre taux marginal d'imposition (TMI) baisse avec vos revenus. Or l'avantage d'un versement déduit est exactement égal à votre TMI :
| TMI pendant l'année de chômage | Économie d'impôt pour 1 000 € versés et déduits | Notre lecture |
|---|---|---|
| 0 % | 0 € | Ne pas déduire : cocher l'option de non-déduction |
| 11 % | 110 € | Déduction faible, à comparer avec la fiscalité de sortie |
| 30 % | 300 € | Déduction intéressante, surtout si un déblocage pour fin de droits est probable |
| 41 % ou 45 % | 410 € ou 450 € | Déduction très intéressante (cas d'une année de licenciement avec indemnités imposables élevées) |
Deux situations se distinguent nettement :
- L'année du licenciement, le revenu imposable cumule souvent des salaires, des indemnités de congés payés et la part imposable de l'indemnité de rupture. C'est fréquemment l'année où le TMI est le plus élevé, donc la meilleure année pour verser, en mobilisant les plafonds non utilisés des années passées.
- L'année pleine de chômage, le TMI tombe souvent à 11 % ou 0 %. Si vous n'êtes pas imposable, un versement non déduit évite que le capital correspondant soit taxé à la sortie retraite. Et si votre trésorerie est tendue, ne versez pas : l'argent ne sera disponible qu'à la fin de vos droits.
Dernier point de vigilance : pour l'épargne salariale, La Banque Postale précise que le déblocage pour fin de droits ne porte que sur l'épargne constituée avant la date de notification de fin de droits. Avant de verser en comptant sur un déblocage rapide, demandez à votre gestionnaire si la même limite s'applique à votre PER.
Une année de chômage réduit-elle le plafond de déduction ?
Oui, mais avec un an de décalage, et dans une mesure souvent limitée. Le plafond de déduction d'une année est calculé sur les revenus d'activité professionnelle de l'année précédente, nets de frais professionnels. Pour 2026, service-public.gouv.fr indique un plafond égal à 10 % des revenus d'activité de 2025, avec un maximum de 37 680 € et un minimum de 4 710 €, ce minimum s'appliquant aussi aux personnes sans revenus professionnels.
Trois mécanismes amortissent l'effet d'une perte d'emploi :
- Le décalage d'un an : si vous perdez votre emploi en 2026, votre plafond 2026 est encore calculé sur vos salaires de 2025.
- Le report des plafonds non utilisés : les plafonds non consommés des 5 années précédentes s'ajoutent au plafond de l'année. Un salarié qui n'a jamais versé dispose souvent d'une enveloppe bien supérieure à son plafond annuel. Voir notre article sur le report sur 5 ans.
- Le plancher de 4 710 € : même une année sans revenus d'activité ouvre ce plafond minimum.
Le BOFiP (BOI-IR-BASE-20-50-20) retient, pour les salariés, les traitements et salaires imposables dans cette catégorie, sans traiter explicitement des allocations chômage. Plutôt que de recalculer vous-même, fiez-vous au montant inscrit dans la rubrique « plafond épargne retraite » de votre avis d'impôt : c'est lui qui s'applique, report compris.
Comment demander le déblocage, et quels pièges éviter ?
La démarche se fait auprès de l'assureur ou de l'établissement qui gère votre PER, pas auprès de l'administration. La procédure type :
- Obtenez l'attestation de fin de droits auprès de France Travail : c'est le justificatif central du dossier.
- Vérifiez les deux conditions : aucun contrat de travail en cours, aucune pension de retraite liquidée.
- Choisissez le montant : déblocage total ou partiel, mais en une seule fois pour cet événement.
- Envoyez la demande au gestionnaire avec l'attestation, une pièce d'identité et un RIB. Certains acceptent un envoi en ligne, d'autres exigent un courrier recommandé.
- Contrôlez le décompte : la part des versements doit être exonérée, seuls les gains supportent 18,6 % de prélèvements sociaux.
Les erreurs les plus fréquentes :
- Demander trop tôt, à l'inscription à France Travail ou pendant l'indemnisation : la demande sera refusée.
- Accepter un contrat court juste avant d'envoyer le dossier : la condition d'absence de contrat de travail n'est plus remplie.
- Tout débloquer par réflexe : le déblocage partiel est permis, et l'épargne laissée dans le plan continue de profiter de la fiscalité retraite.
- Confondre avec l'épargne salariale : un PEE ou un PER collectif peut avoir ses propres justificatifs et délais ; adressez une demande distincte à chaque gestionnaire.
Pour l'ensemble des règles PER, InfoPER propose aussi un récapitulatif des cas de déblocage avant la retraite et un guide de déclaration du PER aux impôts, utile l'année où vous versez pendant le chômage.