En résumé
- Déduction possible du revenu global (art. 163 quatervicies du CGI), pas du chiffre d'affaires ni des cotisations Urssaf.
- Plafond 2026 : 10 % du bénéfice 2025 après abattement forfaitaire, avec un minimum de 4 710 € et un maximum de 37 680 €.
- En pratique : en prestations de services BIC, le plafond est toujours de 4 710 € ; en BNC, il ne le dépasse qu'au-delà de 71 364 € de chiffre d'affaires.
- Versement libératoire : le revenu micro n'est plus soumis au barème. Sans autre revenu dans le foyer, la déduction ne réduit aucun impôt.
- Alternative : renoncer à la déduction au moment du versement pour sortir ensuite le capital versé sans impôt.
Pourquoi un micro-entrepreneur n'a-t-il pas droit à la déduction Madelin ?
Un travailleur indépendant au régime réel déduit ses versements PER de son bénéfice professionnel, dans les limites de l'article 154 bis du CGI. Ce plafond « Madelin » peut atteindre 88 911 € en 2026, comme nous le détaillons dans notre guide du plafond PER pour les TNS et les salariés.
Le micro-entrepreneur ne déclare pas de bénéfice réel. Son revenu imposable est son chiffre d'affaires diminué d'un abattement forfaitaire, censé couvrir toutes ses charges : 71 % pour la vente de marchandises, 50 % pour les prestations de services commerciales ou artisanales, 34 % pour les activités libérales relevant des BNC, avec un minimum de 305 € (entreprendre.service-public.gouv.fr, page vérifiée le 13 mai 2026). Aucune charge ne s'ajoute à cet abattement, ni les cotisations sociales, ni les versements retraite.
La seule voie est donc la déduction du revenu net global prévue par l'article 163 quatervicies, celle des salariés. Deux conséquences directes :
- le versement ne réduit pas vos cotisations Urssaf, calculées sur le chiffre d'affaires encaissé ;
- le plafond est plus bas que celui d'un indépendant au réel, car il ne comprend pas la fraction supplémentaire de 15 % propre au régime Madelin.
Comment calculer son plafond PER quand on est micro-entrepreneur ?
Le BOFiP règle explicitement le cas. Le plafond brut est la plus élevée de deux limites : 10 % du plafond annuel de la sécurité sociale, ou 10 % des revenus d'activité professionnelle retenus dans la limite de huit fois ce plafond (BOI-IR-BASE-20-50-20, § 50). Pour un micro-entrepreneur, les revenus pris en compte sont ceux de l'année précédente, après abattement forfaitaire :
Les revenus soumis au versement forfaitaire libératoire « sont retenus pour leur montant diminué » de l'abattement micro. BOFiP, BOI-IR-BASE-20-50-20, § 190
Pour des versements effectués en 2026, on part donc du chiffre d'affaires 2025 :
| Étape | Formule | Exemple : consultante en BNC, 60 000 € de CA en 2025 |
|---|---|---|
| 1. Revenu après abattement | CA 2025 × (1 − abattement) | 60 000 × 66 % = 39 600 € |
| 2. Plafond sur revenus | 10 % du résultat | 3 960 € |
| 3. Plancher 2026 | 10 % du PASS 2025 | 4 710 € |
| 4. Plafond retenu | Le plus élevé des deux | 4 710 € |
| 5. Plafonds non utilisés | Reliquats des années précédentes | À ajouter (voir avis d'impôt) |
Calcul MeilleurPER à partir du BOFiP (BOI-IR-BASE-20-50-20, § 50 et 190) et des montants publiés sur service-public.gouv.fr pour 2026.
Si vous cumulez un emploi salarié et une micro-entreprise, les deux revenus d'activité s'additionnent avant d'appliquer les 10 %. Le plafond est individuel et figure sur votre avis d'impôt. Les plafonds non consommés se reportent : sur trois ans pour ceux de 2024 et 2025, sur cinq ans à partir de ceux de 2026 (service-public.gouv.fr). Le mécanisme est détaillé dans notre article sur le report de déduction à 5 ans.
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Comparer les PERÀ partir de quel chiffre d'affaires un micro-entrepreneur dépasse-t-il le plancher ?
C'est le calcul que les guides ne font pas. Pour que 10 % du revenu après abattement dépasse 4 710 €, il faut un revenu net de 47 100 €. En remontant l'abattement, on obtient le chiffre d'affaires nécessaire, à comparer aux seuils du régime micro applicables en 2025 (77 700 € pour les services et le libéral, 188 700 € pour la vente, selon entreprendre.service-public.gouv.fr, page vérifiée le 21 février 2026).
| Activité | Abattement | CA 2025 nécessaire pour dépasser 4 710 € | Plafond maximal au seuil micro 2025 |
|---|---|---|---|
| Vente de marchandises, hébergement (BIC) | 71 % | 162 414 € | 5 472 € (CA de 188 700 €) |
| Prestations de services (BIC) | 50 % | 94 200 €, au-delà du seuil | 4 710 € dans tous les cas |
| Activité libérale (BNC) | 34 % | 71 364 € | 5 128 € (CA de 77 700 €) |
Calcul MeilleurPER : 47 100 € ÷ (1 − taux d'abattement). Plafond maximal = 10 % × seuil × (1 − abattement). Hors autres revenus d'activité du déclarant.
Avec trois années de plafonds non utilisés, un micro-entrepreneur qui n'a jamais versé peut ainsi déduire environ quatre fois le plancher sur une seule année. C'est souvent la meilleure fenêtre : une année de forte activité, quand vous êtes imposé au barème et que votre tranche marginale est élevée.
Que change l'option pour le versement libératoire ?
Avec le versement libératoire, l'impôt sur le revenu de l'activité est payé chaque mois ou chaque trimestre avec les cotisations : 1 % du chiffre d'affaires pour la vente, 1,7 % pour les prestations de services, 2,2 % pour les BNC. L'option est réservée aux foyers dont le revenu fiscal de référence de 2024 ne dépasse pas 29 579 € par part pour 2026, soit 59 158 € pour un couple (entreprendre.service-public.gouv.fr).
Le revenu micro sort alors du barème progressif. Il est seulement retenu, après abattement, pour calculer le taux effectif appliqué aux autres revenus du foyer et pour le revenu fiscal de référence (impots.gouv.fr). La déduction PER, elle, s'impute sur le revenu net global soumis au barème. D'où trois situations très différentes :
| Situation du foyer | Effet de la déduction PER | Notre lecture |
|---|---|---|
| Micro-entrepreneur au barème | Réduit l'impôt au taux marginal du foyer | Déduction à privilégier dès 30 % de TMI |
| Versement libératoire, avec d'autres revenus au barème (salaire, retraite, revenus fonciers) | Réduit l'impôt dû sur ces autres revenus | Utile, gain à simuler sur l'avis d'impôt |
| Versement libératoire, aucun autre revenu au barème | Aucune économie d'impôt | Renoncer à la déduction |
Le troisième cas est le piège classique. Le versement est déduit d'un revenu global nul, il ne fait baisser aucun impôt, mais il reste imposable à la sortie comme un versement déduit. Dans cette situation, cochez l'option de non-déductibilité auprès de l'assureur au moment du versement : à la sortie en capital, la part correspondant à vos versements ne sera pas imposée, seuls les gains le seront. Nous comparons les deux options dans notre article sur le PER quand on n'est pas imposable.
Et si le micro-entrepreneur est marié ou pacsé ?
Le plafond est individuel, mais la déduction s'opère sur le revenu net global du foyer. Un micro-entrepreneur au versement libératoire marié à un salarié peut donc verser jusqu'à son propre plafond, et cette déduction viendra réduire l'impôt calculé sur le salaire du conjoint. C'est exactement le cas où le PER garde tout son intérêt malgré le versement libératoire.
Les époux et partenaires de Pacs peuvent en outre mutualiser leurs plafonds en cochant la case prévue sur la déclaration : si le conjoint salarié a un plafond plus élevé et inutilisé, le micro-entrepreneur peut l'utiliser. Le détail et les cas de rattrapage sont dans notre guide pour mutualiser le plafond PER en couple.
Un effet secondaire mérite l'attention. La déduction fait baisser le revenu fiscal de référence du foyer, car les charges déduites du revenu global ne sont pas réintégrées dans ce calcul. Or le versement libératoire de l'année N dépend du revenu fiscal de référence de N-2. Un foyer proche de la limite de 29 579 € par part peut donc, par un versement PER déductible, préserver son droit d'option deux ans plus tard. Nous détaillons ces effets de seuil dans notre article sur le PER et le revenu fiscal de référence.
Le PER est-il vraiment rentable pour un micro-entrepreneur ?
L'économie d'impôt immédiate est égale au versement déduit multiplié par votre taux marginal d'imposition. Pour un versement égal au plancher de 4 710 € :
| Taux marginal du foyer | Économie d'impôt | Coût réel du versement |
|---|---|---|
| 0 % (non imposable ou versement libératoire seul) | 0 € | 4 710 € |
| 11 % | 518 € | 4 192 € |
| 30 % | 1 413 € | 3 297 € |
| 41 % | 1 931 € | 2 779 € |
Calcul MeilleurPER, arrondi à l'euro. L'économie réelle se lit sur l'avis d'impôt : elle peut être un peu différente si le versement fait changer de tranche ou interagit avec la décote.
Cette économie n'est qu'un report. À la sortie en capital, les versements déduits sont imposés au barème et les gains taxés à part (voir notre guide de la fiscalité de la sortie du PER en capital). Le PER est donc gagnant si votre tranche à la retraite est plus basse que pendant votre activité. C'est à vérifier au cas par cas : si vos pensions futures s'annoncent modestes, l'écart de tranche joue en votre faveur.
Trois profils en tirent le meilleur parti : le libéral en BNC au barème avec une tranche à 30 % ; le salarié qui exerce une activité micro en complément, puisque ses deux revenus s'additionnent pour le plafond ; et le micro-entrepreneur au versement libératoire dont le conjoint est imposé à 30 % ou plus. Pour les autres, une assurance vie ou des versements non déduits sont souvent plus souples. Pour choisir le contrat, notre comparatif des meilleurs PER 2026 recense frais et conditions de versement.
Comment procéder, étape par étape ?
- Relever votre plafond. Sur l'avis d'impôt 2026 (revenus 2025), lisez le plafond épargne retraite disponible pour 2026, reliquats des années précédentes compris.
- Le vérifier avec votre chiffre d'affaires. Appliquez l'abattement de votre activité au chiffre d'affaires 2025, prenez 10 % du résultat et retenez au minimum 4 710 €.
- Déterminer si la déduction vous sert. Au versement libératoire sans autre revenu au barème dans le foyer, choisissez l'option de non-déductibilité au moment du versement.
- Verser avant le 31 décembre. Le versement doit être encaissé par l'assureur dans l'année pour être déduit des revenus de cette année : n'attendez pas les derniers jours.
- Déclarer le versement. En 2027, reportez le montant versé en case 6NS (ou 6NT pour le conjoint) de la déclaration des revenus 2026, à partir de l'attestation de l'assureur.
Pour le détail des cases de la déclaration, notre site partenaire InfoPER explique comment déclarer son PER dans les cases 6NS, 6RS et 6QS. Si votre activité grandit et que vous passez au régime réel, son guide du PER pour les TNS et professions libérales présente le plafond Madelin.
Le projet de loi de finances pour 2027, déposé le 1er octobre 2026, n'est qu'un projet : les montants de cet article sont ceux applicables en 2026 et ne tiennent compte d'aucune mesure en discussion.